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Ce métier, elles l'ont choisi pour l'exercer au mieux. Accueillir chez soi des enfants retirés de leur milieu familial demande un bel engagement professionnel. Mais aujourd'hui elles ne se sentent plus soutenues par leur hiérarchie, tout semble être de leur faute, les référents se multiplient et n'apportent plus de réponse cohérente et elles sentent que leur emploi est sur le gril si elles se plaignent. La grogne individuelle est devenue collective et elles veulent que cela se sache.
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Elles semblent avoir beaucoup encaissé les assistantes familiales réunies, lundi, au point relais rencontre cambrésien. Mais aujourd'hui trop c'est trop. Des exemples de situations inextricables, de demandes sans réponse cohérente, elles en ont à la pelle. La situation est devenue telle qu'elles ne peuvent plus garder pour elles seules ce qu'elles vivent au quotidien.
C'est le nombre de démissions, de dépressions et de syndicalisations qui a alerté les représentants de la CGT sur la situation de cette profession en souffrance. Martine Vis, secrétaire générale de la CGT des personnels du Département, et Marguerite Machut, référente de ce syndicat pour les assistantes familiales, ont invité ces dernières à exprimer par écrit leurs difficultés professionnelles, afin qu'un dossier puisse être constitué et envoyé au conseil général. Venues du Douaisis, du Maubeugeois et du Cambrésis où elles sont trois cents sur les 2 600 que compte le département du Nord, c'est dans ce dernier arrondissement que la situation semble la plus critique.
« On vous adresse des ados et on ne vous dit rien sur leur histoire », « Il n'y a pas de lien entre les assistantes familiales et les travailleurs sociaux mais les assistantes familiales sont en contact direct avec le jeune qui ne comprend pas la lourdeur administrative et la traduit par "on se fout de moi", et après on s'étonne qu'il fugue au bout de trois jours ! », témoignent-elles.
« Il ne faudrait pas que la Direction oublie que nous travaillons dans le social et que les enfants ne sont pas des paquets de linge sale qu'on distribue n'importe comment ! », s'indigne une participante.
Les assistantes familiales ne mâchent pas leurs mots. Elles sont unanimes pour dire que d'une maltraitance familiale, le jeune placé passe sous le coup d'une maltraitance institutionnelle !
« Quand une ado veut par exemple aller chez une copine, il faut demander une autorisation et les parents de la copine doivent, eux aussi, donner leur autorisation, comment voulez-vous que cette ado se sente comme une autre ado de son âge avec de tels procédés ? », interroge cette participante. « Il y a quatorze ans que je fais ce métier et c'est de pire en pire », résume une autre sous l'acquiescement général.
Mais si la situation se dégrade d'année en année pour ces professionnelles, leur hiérarchie ne semble pas vouloir l'entendre : « Il ne faut jamais évoquer nos problèmes. Si vous parlez, on vous retire l'enfant et vous n'en avez plus pendant six mois »... « Et si au bout de quelques mois, vous n'avez plus d'enfant, on peut vous licencier », précisent deux assistantes. « On se sert de la précarité de leur statut », s'indigne Martine Vis.
Un statut qui doit faire face également à des problématiques de plus en plus difficiles à gérer chez les jeunes (alcoolisme, violence...), à des placements de plus en plus tardifs, des déplacements ridiculement remboursés (0,25 E/km), des frais à avancer... La coupe est pleine chez les assistantes familiales qui, après s'être longtemps tues, sont bien décidées à exprimer leur mécontentement. •